Jeudi 18 décembre 2008
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05:34
Bien plus encore que l'arrivee matinale en elle même, c'est tout le voyage de nuit qui fut mémorable, une fois de plus.
En me renseignement sur les billets de bus pour rallier McLeodGanj a New Delhi, j'apprends que beaucoup sont deja complets...eh oui ce sont les vacances depuis le 13 Décembre, beaucoup de
familles se deplacent, je le savais et l'observais dans les rues du village bien plus animées que d'"habitude", mais ne m'en souciais pas davantage...
Tant pis, mon séjour ecourté puisque depart avancé, il me faut récupérer certaines de mes affaires chez le couple d'amis qui part pour Noël, me voilà donc dans le bus DELUXE en ce mardi soir pour
rallier la grande ville qui ne me fait plus peur !
Les "au revoir" avec Jean-Paul et surtout Dhasel, et tout le staff Tibétain du restaurant sont emprunts d'une certaine émotion, je remonte ensuite les rues jusqu'au point de rendez-vous, escortée
comme une princesse par mon "maître bouddhiste", ma filleule et un jeune Tibétain, trois écharpes blanches autour du coup.
Celles-ci représentent symboliquement quelque chose d'important dans la tradition bouddhiste, ce sont les mêmes écharpes que vous achetez pour vous faire bênir par un moine, un Lama qui
vous le dépose autour du cou.
A ce moment on me souhaite des voeux de bonheur, sante, bon voyage...
Arrivée à ce qui sert de station, le sac dans la soute arrière, dernières embrassades, je grimpe dans ce que les Indiens appellent un bus : DELUXE.
Vous imaginez bien que les catégories de confort et de design n'ont pas forcément grand chose de semblable à celles proposées par nos grandes compagnies alsaciennes.
C'est pourquoi, réserver une place dans un DELUXE, pour un trajet de nuit de 12 heures est presque un choix dicté par l'instinct de survie...
En Inde, c'est toujours une sorte de bordel organisé lorsque vous voyagez, et une fois ma place indiquée je découvre que le siège est bien inclinable.
Heureusement, parce que je ne sais pas ou mes jambes auraient pu alors se déployer (...et encore avec mon mètre 66 !) à moins d'avoir l'option go-go gadget aux jambes, dévissages express de nuit
(réf. Florence Foresti - comprendront Elise et Emilie et d'autres peut-être).
Je savais que le trajet allait être long !
S'en suit un va et vient incessant pendant une quinzaine de minutes, ça se bouscule, ça parle, ça crie, ça rigole...le bus démarre, nous voilà parti sur les chemins sinueux que nous offre la
montagne, cette montagne qui garde une place particulière dans mon voyage.
Vous savez déjà que la conduite au pays de Gandhi, comme dans d'autres pays, ressemble davantage à une course de F1.
Les virages se succédent et je découvre la chance que j'ai d'avoir devant moi, deux jeunes gaillards, d'une vingtaine d'années, une fine équipe, très bien organisée puisque le relais à la fenêtre
pour vomir se faisait sans encombres et très rapidement.
Quelle complicité, pas besoin de paroles, un geste, un regard suffisait à cerner le malaise et permettre à l'un et l'autre de venir "repeindre" le côté du bus.
Moi-même me concentrant sur la route afin de gérer les derniers Momos avalés avant de partir, je ne pus que sourire devant ce spectacle que j'essayais toutefois de m'éviter.
Au premier et seul arrêt, j'ai eu tout le loisir d'observer les résultats de la conduite sportive sur des estomacs fragiles.
Entre-temps, j'aurais eu de belles frayeurs, nées de cette vitesse folle du bus, des coups de freins, des dépassements en virage et de l'état vraiment pitoyable de la route.
Nous stoppons donc au bout de trois heures de trajet devant un "restaurant de route", ou hamburgers, patates frits, tchai et riz sont servis. Au bout de trois minutes, s'engage une
conversation plus animée entre indiens, qui en vient légèrement en mains pour envoyer le faiseur de trouble un peu plus loin...Un casque de moto vole et atteri devant le stand d'hamburgers,
rebelote.
Tout cela procure un vif intérêt aux personnes présentes qui s'attroupent autour des deux hommes et de la moto.
Je ne comprends rien, l'ambiance est toute en tension decontractée...bizarre mais appréciable.
Nous repartons après une demi-heure, et ne trouve pas le sommeil, trop occupée à tenter des stratégies diverses et variées pour caller mes jambes et avoir une position tenable pour roupiller!
J'abandonne et la route devenue plus agréable, je peux regarder et observer ce que a nuit a à m'offrir.
En l'espace d'un court moment se cotoie dans le paysagece qui fait de l'Inde, un pays difficilement transcriptible, indéfinissable, différent de tout ce que j'avais pu voir auparavant et en même
temps le mélange de ces mêmes choses.
Une route parfois vraiment lamentable, un palmier en fin de vie qui se dresse entre deux buissons et des arbres ressemblant à nos peupliers, trois cabanes, une grande maison pas finie, un temple
hindou, des hommes qui marchent seuls dans la nuit, une gande station essence, une guesthouse perdue au mileu de nulle part qui brille avec ses guirlandes rouge, beaucoup de déchets, ds chiens
errant, un homme installé devant sa hutte, au bord de la route, assis en lotus sur une petite couverture rouge, batons d'encens qui laissent echapper ces odeurs particulières et reconnaissables,
prêt à invoquer je ne sais quelles divinités,
Tout défile devant mes yeux, j'essaye d'attraper et de fixer ce que je peux, cela se bouscule, s'entrechoque dans la tête, moins surprise alors qu'au début de mon voyage en Inde.
J'arrive alors à m'assoupir deux petites heures avant de poursuivre mon observation jusqu'à l'arrivée à New Delhi.
4 heures 45 _ Tibetan Colony _ Tout le monde descend
Je ne sais pas du tout ou je me trouve par rapport a New Delhi, il faut vite se remettre dans l'ambiance de la grande ville avec les sollicitations continuelles.
Nous sommes au nord, je récupère ma Valisette et montons dans une moto-rickshaw, direction Jangpura.
Lors de ce trajet, emmitouflée dans ma veste et ma couverture tibétaine, je vois les gens dormir à même le trottoir sous deux ou trois couvertures, je ne vois pas leurs visages, ce sont des
corps, allongés les uns à côté des autres.
Je me souviens juste de ce père avec son fils me semble t'il, tous deux ayant pris place à la fin de cet "alignement" de pauvres gens.
J'arrive, j'attends...je regarde le jour se lever, les bruits m'interpeller...
Aie, je crois bien que les momos ne sont pas passés, trop de choses en même temps...
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