Présentation

Images Aléatoires

  • TOMBOUCTOU environs
  • mali2008-006.jpg
  • mali2008-065.jpg
  • mali2008-102.jpg
  • mali2008-147.jpg

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Derniers Commentaires

Jeudi 3 septembre 2009

Pourquoi me demanderez-vous...

Lisez plutôt:

Il faut s'aventurer au moins une fois dans sa vie sur les routes et autres chemins en terres africaines. Ah non ce n'est pas ici que vous avalerez vos 200 kilomètres en une heure et demi, bien au contraire.

Le dicton qui prévaut: "On ne sait jamais à quelle heure on part ni à quelle heure on arrive"

Le trajet entre Ségou et Tombouctou dure entre 10 et 14 heures, selon...

Selon votre moyen de locomotion...le top en terme de confort est le 4X4 Prado, indispensable aussi pour engloutir la portion la plus difficile (mais j'y reviendrais plus tard), avec l'option "clim" sinon le malaise pointe son nez régulièrement et vient faire tourner votre estomac et votre coeur en un tourbillon de sable,

Selon les rencontres que vous pouvez faire, sur, au bord, à côté, à travers le "goudron": vaches, chèvres, poules, boeufs, puis chameaux, mais la palme d'or revient aux ânes qui ont cette habitude de rester nonchalemment au milieu de la route. Têtes basses, léger mouvement de queue, sans voir le danger arriver en face d'eux, ils ne bougent pas d'un seul centimètre...parfois même, c'est tout bonnement allongés qu'ils occupent une portion de votre itinéraire. Et je dois dire que je souris à chaque fois face à tant de "décontraction" et d'imprudence...c'est à nous de contourner, pour les laisser se reposer.


Selon le climat, la saison, qui peut vous voir vivre un trajet des plus "classiques" où seuls les dos d'ânes et autres mini dunes de sables vont font rebondir sur votre siège...

Tempêtes de sables, orages, pluies de grêle, vents, soleil, le trajet n'est jamais épargné d'une surprise qu'elle quelle soit...

Peu importe il sagit d'arriver à destination.

Par valerie - Publié dans : TOMBOUCTOU
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 août 2009

J'aime me réveiller le matin sous la moustiquaire, et ouvrir mes yeux sur les poutres blanches de mon plafond, soulever cette même protection bleuâtre et poser mon regard sur mes bouddhas qui veillent sagement à maintenir une atmosphère sereine,

j'aime le moment où j'ouvre mes portes de part et d'autre de la maison pour lasser entrer l'air du matin et sortir pour prendre le bain de soleil matinal et regarder les petits oiseaux rouges qui discutent dans l'arbre,

j'aime marcher pieds nus dans le sable pour aller chercher de l'eau dans le jardin et rentrer à nouveau avec mon sceau rempli, pour aller faire mon "petit linge",

j'aime ouvrir la porte donnant sur la rue, et me laisser envahir doucement par la vie qui renaît, une fois de plus. Parfois ce sont des enfants qui passent, parfois une vieille dame, parfois deux jeunes hommes, parfois des ânes, poursuivis par une poule, où une poule poursuivie par des enfants. Parfois c'est ma voisine d'en face,  qui vient verser le jus qui a servi à sa popote du matin, ou Kia, la jeune demoiselle qui me fait mon "grand linge" tous les week end,

j'aime, lorsque je rentre en Jakarta, et que je tourne autour du rond point du gouvernorat, humer l'odeur des fleurs tout en sentant le vent frais de la nuit caresser les parties du corps laissées à découvert,

j'aime me balader dans les ruelles ensablées du marché "arabe", et jeter des coups d'oeil dans les petites boutiques, remplis d'objets et de produits parfois surprenants, surprendre d'ailleurs ces regards d'hommes, qui me magnétisent et derrière lesquels le mystère d'une vie demeure,

j'aime lorsque je sors des bureaux et que j'aperçois par la porte le sable, la tente nomade, les enfants courir, les cris, la musique touareg...je ne me lasse pas de ces "clics paysagers", je respire, la vie est belle à Tombouctou,

j'aime lorsque je suis en Jakarta le matin, rouler alors que la ville se réveille doucement, croiser des visages familiers, et dire bonjour, timidement de la main gauche, euh oups non droite pour na pas lâcher l'accélérateur, bon avec le pied alors, ben non, si une voiture ou une moto que je n'avais pas vu arrive derrière moi, bon je souris, c'est bien aussi...ah j'avais oublié le klaxon...mais il est où déjà le klaxon?

 

j'aime les vents de sable, la lumière que cela crée, observer son avancée, voir les tissus qui volent, les yeux encore davantage se plisser sous les turbans, attendre que cela arrive pour y associer les sons des souffles courts et violents,

j'aime déjà tout ce qui va venir...Tombouctou, la "perle du désert"

Par valerie - Publié dans : TOMBOUCTOU
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 26 août 2009

La ville de Tombouctou se situe au début de la région nord du Mali, au sommet de la boucle du fleuve Niger.
Elle marque quelque peu l'entrée dans le désert sahélien, et se trouve donc sous la menace de l'ensablement de part l'avancée des dunes.
Le climat est aride et les températures peuvent monter aisément aux alentours de 45 degrés, voir plus.


Ancienne cité universitaire, connue pour son sel et ses Manuscrits anciens, la commune de Tombouctou, fondée à la fin du V siècle, a vu ainsi passé missionnaires et explorateurs européens: l'Anglais Gordon Laing en 1826, le Français René Caillé en 1828, l'Allemand Heinrich Barth en 1853, entre autres. 

Son nom viendrait du Tamashek (langue des Touaregs) signifiant: TIN, le puits, et BOUCTOU, femme gardienne du puits lors de l'arrivée des Touaregs = LE PUITS DE BOUCTOU.



Tombouctou attire les touristes désireux de découvrir les Mystères de cette "Perle du Désert", dans laquelle veillent les 333 Saints, dont les tombeaux sont visibles lors des balades dans les rues de la ville.

Cité bénie d'Essadi et d'Ahmed BABA, savant et homme de lettres exilé à Marrakech avant de revenir parmi les siens, son patrimoine architectural, ses hauts lieux historique et culturel ainsi que son artisanat  spécialisé dans le cuir, la peau, les bijoux touaregs sont autant de raisons de venir sentir et ressentir l'atmosphère faîte de mystère qui habille cette ville.

Inscrite sur la iste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1988, vous y trouverez trois  mosquées dont la plus ancienne:  Djingareyber (1325).


Après cette brève introduction digne d'un guide local, Tombouctou, c'est également un mélange riche de la culture africaine et arabe, riche d'une multiplicité d'ethnies et de tribus (Sonhgaï, Touaregs, Peuls...), riche d'une histoire faîte de passages, de nomades, d'écrits.

L'atmosphère qui y règne est palpable, alimentée par les vents de sable qui voient les visages enturbannés encore davantage se protéger derrière ces morceaux de tissus bleu, blanc, beige, noir...et le ciel se parer d'éclats rougeâtre, orangé, comme un avertissement.

Quelques regards s'échappent, trésor de littérature pour ceux et celles qui peuvent imaginer toute une vie d'ancêtres.

Enchantée de faire votre connaissance Dame Tombouctou.









Par valerie - Publié dans : TOMBOUCTOU
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 26 août 2009

Ce jour là, j'ai été surprise, vraiment!

Détendue, reposée,
mes cavités et autres pochettes nonchalemment déployées sur le fauteuil qui faisait office, depuis plus de trois mois, de confident privilégié de mes aventures asiatiques,
de matelas pour que mes courbes et autres tirettes puissent se reposer pleinement,
de témoin, avec moi, des aller et venus de Valérie...

Une tempête de sable s'est alors, soudainement, abattue dans la chambre.

Il faut dire que je n'avais pas été assez attentive aux éclairs de mes fermetures, qui me chatouillaient le bas de la sangle. En tirant sur l'élastique "mémoire de valisette", il est vrai que les absences répétées de Valérie, ses yeux qui reflétaient l'envie de "rechausser" les bretelles dorsales, les pensées qui voguaient ailleurs (je commence à la connaître!), étaient des signes certains d'un chamboulement imminent.


BOUM, la porte s'ouvre d'un coup, vient claquer contre le mur, emportée par l'élan d'une main impatiente et d'un courant d'air venu s'engouffrer pour participer aux festivités.

Instinctivement,  j'ai mis toutes protections dehors, en gardant un oeil sur cette activité que je trouvais bien désordonnée.
Des vas et vient dans tous les sens, de l'armoire jusqu'à la salle de bain, du matelas aux fauteuils, de la malle à la terrasse, ce qui permettait à madame "courant d'air" d'en remettre une bonne couche (une aubaine rafraîchissante dans cet instant bouillonnant).
Un amoncellement de vêtements, de produits, de livres...

Cela ressemble bien à un départ, et un départ qui ne saurait tarder...à peine cette pensée terminée, que je me suis retrouvée aux premières loges du "Grand Huit": renversée, secouée, tapotée, en voilà des manières !!!

Vous comprenez, je n'avais plus l'habitude de ces départ fréquents, comme durant ce périple asiatique. Je m'étais vidée, me revoilà chargée: mesdames vous savez comme moi qu'il n'est pas très agréable de reprendre autant de kilos d'un coup, il faut pouvoir le digérer.
Je suis faîte pour cela me direz-vous, et vous avez raison...alors vaille que vaille, tirettes, pochettes, gratouillettes, préparez-vous au voyage.

Le temps d'un dernier regard, avant de repartir sur les routes et je peux vous dire que Tombouctou se mérite!

Mais cela mérite une histoire à elle seule...
à bientôt pour le récit de ce voyage à travers le Mali.






Par valerie - Publié dans : La Valisette raconte...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 25 août 2009

Lui, le chauffeur de taxi: "Tu as duré"?
Moi, Valérie, fouleuse de chemins: "je suis revenue en janvier...j'avais laissé un morceau de mon coeur et de mon estomac ici, je suis venue les retrouver!"
Lui, toujours chauffeur de taxi: "Ah c'est bien ça"
Moi, Valérie dite Awa, chercheuse de routes: "Oui..."

Je me souviens d'une amie, voyageuse de corps et d'esprit, que je regardais alors, avant son périple australien, avec ses yeux, avec lesquels on m'a également regardé avant mon propre départ.
Des yeux qui posaient un regard fait d'envie, d'espoirs et cette voix que j'entends encore résonner:
 "Un jour ce sera mon tour.
Moi aussi, l'ailleurs, je veux le rencontrer".

Elle me disait: "Ecoute toi"

C'est ce que j'ai appliqué lors de mon périple en Asie, c'est aussi ce que j'ai fait pour prendre la décision de venir tenter l'aventure africaine.

J'entends encore résonner ces sons africains au fond d'un hangar réamménagé en bar latino au Vietnam, et sentir monter en moi cette "vie",
Je m'entends raconter, encore et encore, ma première expérience au Mali en sentant monter en moi cette "vie",
Je garde ces signes brouillons et embrouillés en tête qui m'ont ammené à revenir sur ces terres... de vies.


Après plus de trois mois passés à Bamako, voilà que la valisette se pose à Tombouctou...Tombouctou la Ville mystérieuse, au bord du désert.


Je vous invite à goutter à cette atmosphère au travers des mots et des images que vous trouverez sur ces pages...le voyage, on peut le vivre partout...


Fermez les yeux....




Humez....



Imaginez....



Bon voyage.

Par valerie - Publié dans : TOMBOUCTOU
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009
Voilà bien longtemps que mavalisettetmoi est restée muette...


Le voyage en Asie écourté, me voilà depuis le mois de Janvier en Terres Africaines, celles la même que j'avais quitté au mois de Juillet 2008, en sachant que j'allais y revenir...finalement plus tôt que prévu!

Depuis presque 5 mois, beaucoup de choses, d'évènements, de Rencontres, de moments...et puis cette installation à Tombouctou au Nord-Ouest du Mali.

La valisette est toujours là et bientôt vous racontera ses aventures passées et présentes.

Par valerie - Publié dans : AFRIQUE
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 19 décembre 2008

Ahhhhhhhh, enfin, j'ai eu quelques jours de repos...

Mais lorsque je dis repos, je parle du  "vrai", celui ou j'ai pu aerer un peu mes cavites les plus profondes,
ou j'ai pu detendre mes tirettes, ou tout ce poids qui pouvait me tirer vers le haut comme vers le bas tout autant que sur les cotes, s'est envole.

Ma proprietaire s'est posee dans les montagnes et cela fait du BIEN !
Le bon air frais me permet alors de recharger mes propres batteries, et je crois qu'elle en avait besoin aussi la trentenaire...

Mais les jours passent jusqu'a ce jour...ou j'ai commence a m'inquieter, pour elle.

Nous avions pris nos petits habitudes communes, et j'avais l'impresssion de bien la connaitre, mais LA, quelle n'a pas ete ma surprise en la voyant, en cette heure matinale, s'asseoir sur le matelas qui etait pose au sol, face a une sorte de poster avec des personnages dans des positions differentes, et trois petites statuettes aux couleurs variees.

Les jambes pliees, les mains, paumes ouvertes dirigees vers le ciel, yeux fermes, je l'observe discretement dans cette attitude et suis a l'affut du moindre de ses mouvements...

Mais ce sont surtout des phenomenes qui s'enchainent...
La chambre s'emplit alors d'une sorte d'atmosphere inconnue pour moi, melange de souffle de quietude et de meditation, tourbillon de concentration, de recueillement...
je me raidis afin qu'aucune de mes tirettes et autres pochettes ne viennent a troubler cet instant. 

Je ne puis voir que le haut de son corps se lever et s'affaisser, tres lentement, au rythme de ses inspirations et expirations...
je ne puis savoir, comprendre ce qui se passe dans sa tete a cet instant...peut etre me racontera t'elle?

Puis, des vibrations emplissent la piece, emanant de sa bouche, des mots incomprehensibles pour moi, (je sais desormais reconnaitre l'anglais, et meme l'australien de l'americain et de l'UK...ma petite victoire!)
De l'africain, du russe, du latin, j'essaye de deviner...
tiens peut etre bien du Tibetain ou du Sanskrit, j'ai deja entendu quelques uns de ces sons.

Elle les repete encore et encore, et ma foi cela est agreable, l'atmosphere reste inchangee, gagne meme encore en profondeur.
Tiens, en etirant un peu davantage mes elastiques, j'ai pu voir aussi ce collier au'elle tenait dans la main, compose de petites boules brunes foncees qu'elle fait passer entre son pouce et son index, les unes apres les autres...

Ah j'ai compris, a chaque boule, la phrase est repetee, bon cela ressemble de plus en plus, soit a des prieres, soit a un debut de fanatisme et je ne peux m'empecher de ne pas esperer cette deuxieme voie pour ma proprietaire.


Puis, elle se leve, et la commence la repetition de gestes successifs, assez impressionnants pour moi, yeux et esprit vierges de toutes decouvertes avant de partir sur la route avec elle...
Les mains jointes, yeux toujours fermes, elle dirige ses mains tout d'abord vers son front ensuite la bouche et le menton et enfin au niveau du coeur, avant de se mettre a quattre pattes, de toucher le sol avec son front de s'allonger sur le ventre, mains qui viennent derriere le cou, et se relever jambes serrees...

NON mais ou va t'on la, que se passe t'il...je ne sais plus quoi penser, et quand bien meme, que puis je faire??? Rien, et puis j'ai confiance, les ondes sont tout de meme positives dans cette piece...

Par valerie - Publié dans : La Valisette raconte...
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 18 décembre 2008
Bien plus encore que l'arrivee matinale en elle même, c'est tout le voyage de nuit qui fut mémorable, une fois de plus.

En me renseignement sur les billets de bus pour rallier McLeodGanj a New Delhi, j'apprends que beaucoup sont deja complets...eh oui ce sont les vacances depuis le 13 Décembre, beaucoup de familles se deplacent, je le savais et l'observais dans les rues du village bien plus animées que d'"habitude", mais ne m'en souciais pas davantage...
Tant pis, mon séjour ecourté puisque depart avancé, il me faut récupérer certaines de mes affaires chez le couple d'amis qui part pour Noël, me voilà donc dans le bus DELUXE en ce mardi soir pour rallier la grande ville qui ne me fait plus peur !

Les "au revoir" avec Jean-Paul et surtout Dhasel, et tout le staff Tibétain du restaurant sont emprunts d'une certaine émotion, je remonte ensuite les rues jusqu'au point de rendez-vous, escortée comme une princesse par mon "maître bouddhiste", ma filleule et un jeune Tibétain, trois écharpes blanches autour du coup.
 Celles-ci représentent symboliquement quelque chose d'important dans la tradition bouddhiste, ce sont les mêmes écharpes que vous achetez pour vous faire bênir par un moine, un Lama qui vous le dépose autour du cou.
A ce moment on me souhaite des voeux de bonheur, sante, bon voyage...

Arrivée à ce qui sert de station, le sac dans la soute arrière, dernières embrassades, je grimpe dans ce que les Indiens appellent un bus : DELUXE.
Vous imaginez bien que les catégories de confort et de design n'ont pas forcément grand chose de semblable à celles proposées par nos grandes compagnies alsaciennes.
C'est pourquoi, réserver une place dans un DELUXE, pour un trajet de nuit de 12 heures est presque un choix dicté par l'instinct de survie...


En Inde, c'est toujours une sorte de bordel organisé lorsque vous voyagez, et une fois ma place indiquée je découvre que le siège est bien inclinable.
Heureusement, parce que je ne sais pas ou mes jambes auraient pu alors se déployer (...et encore avec mon mètre 66 !) à moins d'avoir l'option go-go gadget aux jambes, dévissages express de nuit (réf. Florence Foresti - comprendront Elise et Emilie et d'autres peut-être).

Je savais que le trajet allait être long !

S'en suit un va et vient incessant pendant une quinzaine de minutes, ça se bouscule, ça parle, ça crie, ça rigole...le bus démarre, nous voilà parti sur les chemins sinueux que nous offre la montagne, cette montagne qui garde une place particulière dans mon voyage.

Vous savez déjà que la conduite au pays de Gandhi, comme dans d'autres pays, ressemble davantage à une course de F1.
Les virages se succédent et je découvre la chance que j'ai d'avoir devant moi, deux jeunes gaillards, d'une vingtaine d'années, une fine équipe, très bien organisée puisque le relais à la fenêtre pour vomir se faisait sans encombres et très rapidement.
 Quelle complicité, pas besoin de paroles, un geste, un regard suffisait à cerner le malaise et permettre à l'un et l'autre de venir "repeindre" le côté du bus.
Moi-même me concentrant sur la route afin de gérer les derniers Momos avalés avant de partir, je ne pus que sourire devant ce spectacle que j'essayais toutefois de m'éviter.
Au premier et seul arrêt, j'ai eu tout le loisir d'observer les résultats de la conduite sportive sur des estomacs fragiles.

Entre-temps, j'aurais eu de belles frayeurs, nées de cette vitesse folle du bus, des coups de freins, des dépassements en virage et de l'état vraiment pitoyable de la route.

Nous stoppons donc  au bout de trois heures de trajet devant un "restaurant de route", ou hamburgers, patates frits, tchai et riz sont servis. Au bout de trois minutes, s'engage une conversation plus animée entre indiens, qui en vient légèrement en mains pour envoyer le faiseur de trouble un peu plus loin...Un casque de moto vole et atteri devant le stand d'hamburgers, rebelote.
Tout cela procure un vif intérêt aux personnes présentes qui s'attroupent autour des deux hommes et de la moto.
Je ne comprends rien, l'ambiance est toute en tension decontractée...bizarre mais appréciable.

Nous repartons après une demi-heure, et ne trouve pas le sommeil, trop occupée à tenter des stratégies diverses et variées pour caller mes jambes et avoir une position tenable pour roupiller!
J'abandonne et la route devenue plus agréable, je peux regarder et observer ce que a nuit a à m'offrir.

En l'espace d'un court moment se cotoie dans le paysagece qui fait de l'Inde, un pays difficilement transcriptible, indéfinissable, différent de tout ce que j'avais pu voir auparavant et en même temps le mélange de ces mêmes choses.
Une route parfois vraiment lamentable, un palmier en fin de vie qui se dresse entre deux buissons et des arbres ressemblant à nos peupliers, trois cabanes, une grande maison pas finie, un temple hindou, des hommes qui marchent seuls dans la nuit, une gande station essence, une guesthouse perdue au mileu de nulle part qui brille avec ses guirlandes rouge, beaucoup de déchets, ds chiens errant, un homme installé devant sa hutte, au bord de la route, assis en lotus sur une petite couverture rouge, batons d'encens qui laissent echapper ces odeurs particulières et reconnaissables, prêt à invoquer je ne sais quelles divinités,
Tout défile devant mes yeux, j'essaye d'attraper et de fixer ce que je peux, cela se bouscule, s'entrechoque dans la tête, moins surprise alors qu'au début de mon voyage en Inde.

J'arrive alors à m'assoupir deux petites heures avant de poursuivre mon observation jusqu'à l'arrivée à New Delhi.

4 heures 45 _ Tibetan Colony _ Tout le monde descend

Je ne sais pas du tout ou je me trouve par rapport a New Delhi, il faut vite se remettre dans l'ambiance de la grande ville avec les sollicitations continuelles.
Nous sommes au nord, je récupère ma Valisette et montons dans une moto-rickshaw, direction Jangpura.

Lors de ce trajet, emmitouflée dans ma veste et ma couverture tibétaine, je vois les gens dormir à même le trottoir sous deux ou trois couvertures, je ne vois pas leurs visages, ce sont des corps, allongés les uns à côté des autres.
Je me souviens juste de ce père avec son fils me semble t'il, tous deux ayant pris place à la fin de cet "alignement" de pauvres gens.

J'arrive, j'attends...je regarde le jour se lever, les bruits m'interpeller...
Aie, je crois bien que les momos ne sont pas passés, trop de choses en même temps...





 


Par valerie - Publié dans : Les arrivees...matinales
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 décembre 2008
  • apres les deux premieres questions d'usage qui sont : "Where do you come from?" et "You are here for a long time?" la troisieme est souvent la meme...: "Do you travel alone?"...qui peut laisser place ensuite lors de la fin de l'echange a une ou deux autres questions...dont on comprends les sous-entendus ! mais surtout entre routards, parce que sinon...

 

  • ...c'est la meme question, qui peut selon les pays, interesse l'interlocuteur ou pas...ne pas s'offusquer ou s'alarmer si au Vietnam et en Thailande, on vous demande rapidement votre age, votre situation maritale, simples formules de politesse dirions-nous chez nous...

 

  • mais se preparer aux regards soit etonnes, soit inquisiteurs, soit compatissants, soit paternalistes ou maternalistes selon lorsque vous repondez n'etre ni mariee, ni mere de famille...

 

  • une invitation a manger dans un grand hotel a Bangkok...

 

  • des frayeurs lorsque vous etes suivis la nuit a Saigon, le premier jour de votre arrivee...

 

  • quelques nuits passees dans les guesthouses parce que l'endroit ne "sent pas bon" pour une femme seule justement...un bon bouquin, de la musique et une bonne nuit de sommeil...

 

  • des regards de femmes, d'enfants, des sourires, une comprehension intuitivement feminine...

 

  • en Inde, des regards, tout le temps, sans arrets, vous etes devisagees, par les hommes, femmes...pas toujours agreable mais on s'habitue...

 

  • en Inde, des jeunes garcons qui tentent de vous caresser la cuisse ou vous pincer les fesses...

 

  • en Inde, un jeune homme qui s'endort (enfin...) sur moi dans le bus, et qui tente avec sa main, malicieusement de me toucher le sein gauche...NON mais OH !!!

 

  • des invitations (c'est sympa parfois...)

 

  • des interrogations, parfois de la surprise, parfois de l'admiration, du respect et beaucoup d'echanges...

 

  • vous abandonnez l'idee d'avoir de douces jambes, belles et bien epilees, tout comme les "dessous de bras" ! et...ailleurs...en plus ca porte chaud lors des destinations plus hivernales...Yak, quand tu nous tiens...

 

  • ben personne pour porter ton gros sac (suivant les jours, pour le meme poids, il semble bien plus lourd...), mais je ne confierais ma valisette a personne, donc le probleme est regle, si probleme cela pose, mais la je vais partir dans un delire bouddhiste donc je m'arrete...(enfin ce n'e serait pas un delire...)

 

  • de passer pour une droguee alcoolique en Inde, lorsque tu commandes une biere en fin d'apres-midi, parce qu'apres une bonne marche cela fait du bien...avec la petite menthol...

 

  • d'apprecier la douche chaude et de se frotter au savon qui sent bon, de se laver les cheveux, une fois de temps en temps, de soigner les petits bobos...et de rever a un massage...

 

  • de voir, d'observer certaines choses que des hommes ne pourraient voir...(bon il existe des exceptions...), parce que femme tout simplement...

 

  • de verser quelques larmes parfois,

 

  • de se faire arnaquer pour le taxi, le Tuk-Tuk, le rickschaw et autres moyens de deplacements....amis bon pas toujours juste parce que femme...heureusement...

 

  • jouer de sa blondeur pour rentrer dans le marchandage, finalement ca peut marcher dans les deux sens...et puis cela fait partie du jeu...

 

  • des competitions de football...(private joke...)

 

  • a suivre

 

Par valerie - Publié dans : Le Voyage
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 décembre 2008

Nous remontions une des rues du village, ou vous trouvez aussi bien a votre droite qu'a votre gauche, de petites echoppes vendant des articles Tibetains, des colliers, bracelets, bagues mais aussi des ouvrages sur l'Inde et le Tibet et ,bien sur, sur le Dalai Lama, des petits magasins de sacs, de couvertures et d'articles hi-fi, de vetements et quelques bouddhas, de toutes tailles et couleurs, vous observent monter ou descendre, suivant le moment de la journee,cette pente...
nous remontions donc vers le point de rendez-vous permettant la distribution des bougies pour la marche nocturne du 10 Decembre 2008 : jour anniversaire de l'obtention, par le Dalai Lama, du Prix Nobel de la Paix.
19 ans deja...
et bien plus d'annees encore que la voix de Tenzin Gyatso fait resonner dans le monde entier, l'espoir de tout un peuple, du peuple de la Compassion et de la Non-Violence: le peuple Tibetain.


  Plus de 50 ans que cet homme porte les valeurs humaines d'un peuple dechire, qui souffre sous le joug du gouvernement chinois.

C'est egalement le jour ou les droits de l'homme sont remis a l'honneur, ces memes droits bafoues pour les Tibetains qui vivent sur leurs terres sans pouvoir sentir, ressentir et vivre la liberte.

Il fait nuit, nous marchons et je n'ai pas froid.
La respiration se fait un peu plus rapide, certains endroits sont un peu plus pentus que d'autres et au leger tournant de cette rue, je commence a entendre les voix qui se melent, grondement sourd au debut qui devient tres vite bien plus medlodieux.
La marche avait commence.

Nous nous melons alors aux robes rouges fonces des moines, nous sommes au debut du cortege, je vois flotter au loin deux grands drapeaux tibetains...mon compagnon me glisse alors au creux de l'oreille, en anglais: "c'est pour cela que je suis ici...".
Je partage son avis.
Je me laisse prendre par cette ambiance de recueillement melee a une determination pacifiste et un espoir de voir, un jour, enfin, le Tibet devenir libre et permettre ainsi a tous ces refugies de pouvoir retourner voir leurs familles.

Les mots Tibetains repetes, encore et encore, comme une douce melodie qui vous reste dans la tete et le coeur,  m'amene a fredonner, en harmonie avec les Tibetains autour de moi, sans toutefois comprendre toute la signification de cette phrase.

Le cortege fait plusieurs fois le tour d'un ensemble de maisons , certaines personnes restent surt le bord de la route, la bougie dans la main, des enfants suivent la cadence de la marche, parfois un peu rapide pour les plus petits, et ce moment privilegie mele une multitude de visages et de pensees differentes, tous unis pour partager une foi en un avenir meilleur, en des valeurs humaines, une reconnaissance absolue pour un homme, un seul.

Parce que c'est la nuit avec son jeu de mystere et de petites lumieres qui dansent au gre de la marche et du leger vent  qui fait vaciller quelques flammes, parce que je suis entouree de moines, de tibetains et fait partie de ces etrangers qui epousent, font corps avec cette cause, le moment est magique.


Pas besoin de mots, des regards, des sourires suffisent a comprendre l'intensite de l'instant, son importance.

Nous desendons ensuite vers le Temple du Dalai Lama, et avant de penetrer a l'interieur, je vis un instant d'echange avec une tres vieille femme, tibetaine, a cote de qui je me suis retrouvee au gre du mouvement spontane du cortege.
Habillee traditionnellement, elle tente de me dire les mots que j'entends depuis le debut, que je repete, maladroitement, je souris, elle aussi et nous poursuivons...

 voir se regrouper alors, en un seul lieu, tout le cortege: femmes, enfants, moines, hommes, etrangers entre tous ces petits points lumineux, me serre la poitrine d'une emotion comme je les aime...
peu importe ce qui peut se passer ou se dire ailleurs, peu importe d'ou tu viens, nous sommes tous assis, les yeux tournes vers le portrait de Tenzin Gyatso.

La place centrale est presque remplie, je regarde de chaque cote, le jeune moine tibetain assis a quelques centimetres, tous ces visages, j'essaye de lire a travers les regards que je surprends, que j'observe, m'impregner du moment, entierement, me nourrir de cet instant particulier.

Nous nous levons, a la demande de l'homme qui fait face a toutes les personnes presentes, et un chant debute. Je me laisse bercer par ces sons, ces intonations, je ne comprends toujours pas les mots, mais je sens, ressens la vie et la croyance qui se trouvent derriere...je ferme les yeux, je n'ai toujours pas froid...

Les frissons arriveront ensuite, au visionnage du documentaire sur grand ecran qui evoque la venue en terre tibetaine d'une jeune femme alors nee ailleurs, mais qui veut venir voir son pays.
Avec elle une video du Dalai Lama, un message d'espoir et de courage pour les Tibetains restes a Lhassa et dans tout le Tibet.
Cette jeune femme se trouve etre la "passeusse" clandestine de ces images formellement interdites par les chinois.
Interdiction de parler du Dalai Lama, de religion bouddhiste, d'afficher a l'interieur comme a l'exterieur des images et des photos de sa saintete, la prison vous attend dans ce cas la.

IMAGINEZ...
toutes ces familles tibetaines, certaines habitant a Lhassa, certaines dans de petits villages, une autre dans une grande tente au milieu d'une immensite entouree de montagnes, d'autres retirees de ce que nous pouvons appeler un semblant de civilisation...des peres de familles avec leurs femmes, des enfants, des bebes, des "ancetres", tous, les yeux, les regards comme "hyptnotises" lorsque le Dalai Lama apparait sur le petit ecran.

C'est un moment qui mele la peur, celle peut etre de voir des soldats chinois arrives et prendre tout la famille pour les emmener la ou la liberte est encore plus reduite, et l'Espoir.
A travers tous ces visages, a travers les larmes qui ont coule sur les joues de cette vieille femme portant un bebe sur ses genoux, a travers les quelques mots et emotions que certaines personnes ont pu exprime, j'ai ressenti toute la difficulte de leur position, toute l'admiration envers Teyzin Gyatso, et le bien fait que porte cet homme en lui et qui touche directement le coeur de ces milliers de Tibetain.

Ces quatre jeunes femmes, aux visages si purs, aux yeux remplis de tendresse et de gentillesse, de timidite et de pudeur aussi, disent se sentir plus forte apres avoir ecouter le message, ces mots ddoivent encore resonner dans leurs oreilles et leurs esprits.
Pour certaines personnes, c'etait la premiere fois qu'ils voyaient le DL...

Ces scenes hautement emouvantes sont entrecoupees des paroles de la Tibetaine qui effectue le voyage et qui raconte ses difficultes ainsi que de documents historiques ou la violence envers les Tibetains est, pour moi, insoutenable...
Nous le savons, certaines images, comme celle de ce jeune homme se tenant debout face au char dans une immense avenue sont connus...ce jeune homme se brulant lui-meme parce qu'il ne peut pas vivre dans ces conditions et souhaite interpeller les gens..., cet homme dans le reportage qui evoque son desir parfois de se suicider...nous le savons, et puis nous oublions.

Nous oublions qu'ailleurs, ces memes droits qui nous protegent bien chaudement chez nous sont bafoues ailleurs, que la violence et la terreur regne en maitre sur des parties du globe...juste se mettre a la place, tentez d'imaginer ce que nous, nous ferions...et peut etre, ce que nous pourrions faire de plus.

Les larmes coulent sur mes joues, comme celles du Tibetain assis a deux metres de moi, comme celles que je ne vois pas a cet instant...

J'ai froid.

Par valerie - Publié dans : INDE
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus